Découvrez les secrets du marché immobilier genevois pour 2025 : Tendances, astuces et stratégies exclusives pour réussir votre achat

Acheter un appartement à Genève : ce que disent les chiffres officiels et le droit cantonal #

Un marché genevois ne se lit pas avec les réflexes français. Ici, l’office cantonal de la statistique publie les prix de chaque vente, une loi fédérale interdit purement et simplement certains achats, et l’impôt sur la revente peut absorber la moitié du gain. Voici les données, avec leur date et leur source.
Réponse directe
En 2024, dernière année complète publiée par l’office cantonal de la statistique (OCSTAT), la médiane du prix au m² des appartements en PPE vendus sur le marché libre s’établit à 10 559 francs pour l’ensemble du canton, et à 12 796 francs pour la seule commune de Genève. Le prix médian d’un appartement vendu sur le marché libre atteint 1 350 000 francs. Ces valeurs sont des médianes de transactions réelles : la moitié des ventes se sont faites en dessous.

Prix au m² : ce que mesure réellement l’office cantonal de la statistique #

La statistique publique du marché immobilier genevois ne raisonne pas en « prix moyen de quartier » mais en distribution : pour chaque secteur, elle publie le nombre de ventes, le premier quartile, la médiane et le troisième quartile du prix au m². C’est une différence de nature, pas de présentation : une médiane calculée sur 17 ventes annuelles ne décrit pas la même chose qu’une médiane calculée sur 77.

Le tableau ci-dessous reprend les chiffres 2024 pour les secteurs de la ville de Genève, marché libre, tels qu’ils figurent dans le tableau T 05.05.1.4.04 de l’OCSTAT (mise à jour du 20 novembre 2025).

Secteur de la ville de GenèveVentes1er quartileMédiane3e quartile
Cité – Centre1715 61416 81218 986
Eaux-Vives – Lac4312 88315 61318 894
Florissant – Malagnou5312 54013 63614 996
Champel – Roseraie7712 13413 16814 612
Sécheron-Prieuré / ONU-Rigot / Grand-Pré-Vermont3811 31112 85314 096
St-Gervais-Chantepoulet / Délices-Grottes / Pâquis-Navigation3110 36612 30817 323
Charmilles-Châtelaine / St-Jean-Aïre369 89411 25812 438
La Cluse-Philosophes / Jonction-Plainpalais / Bâtie-Acacias199 45511 22112 810
Bouchet – Moillebeau439 88411 01112 019
Prix par m² en francs, appartements en PPE vendus sur le marché libre, année 2024. Source : OCSTAT, tableau T 05.05.1.4.04.

Hors de la ville, le même exercice par commune (tableau T 05.05.1.4.03) donne une médiane de 13 436 francs le m² à Cologny, 12 718 à Carouge, 12 376 à Chêne-Bougeries, 9 741 au Grand-Lancy et au Petit-Lancy réunis sous la commune de Lancy, 9 222 à Versoix et 8 857 à Meyrin. L’écart entre le centre et la couronne est donc réel, mais il se compte en quelques milliers de francs le m², pas en multiples.

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Attention aux chiffres qui circulent
Cologny est souvent présentée comme le sommet du canton. En 2024, sa médiane au m² (13 436 francs) reste inférieure à celle du secteur Cité – Centre de la ville (16 812 francs), et son troisième quartile (15 539 francs) reste sous la médiane des Eaux-Vives – Lac. Un chiffre de prix genevois sans année, sans nombre de ventes et sans indication de quartile n’est pas vérifiable.

Évolution du marché : les trois séries qui font foi #

Trois indicateurs publics suffisent à décrire la dynamique, et chacun a sa propre date de mise à jour. Les confondre est la source d’erreur la plus fréquente sur ce marché.

+2,0 %
Médiane du prix au m² sur le marché libre, canton de Genève : 10 352 francs en 2023, 10 559 francs en 2024 (OCSTAT, T 05.05.1.4.01).
0,31 %
Taux de vacance des logements au 1er juin 2026, soit 793 logements vacants dans tout le canton, contre 858 un an plus tôt (OCSTAT, T 09.02.2.2.01).
339
Appartements en PPE vendus au 2e trimestre 2026, après 338 au premier trimestre. Données provisoires, mise à jour du 23 juillet 2026 (OCSTAT, T 05.05.1.1.01).

Un taux de vacance de 0,31 % signifie que trois logements sur mille seulement sont disponibles à un instant donné dans le canton. C’est ce chiffre, et non une impression de marché, qui fonde le constat de pénurie à Genève. Il se lit au 1er juin de chaque année et il est descendu de 0,46 % en 2024 à 0,34 % en 2025 puis 0,31 % en 2026.

Sur l’origine des acheteurs, l’OCSTAT distingue les particuliers d’origine suisse, les particuliers d’origine étrangère et les autres acquéreurs, c’est-à-dire les sociétés, caisses de pension, fondations et collectivités. En 2024, sur 1 357 appartements vendus, 760 l’ont été à un particulier d’origine suisse, 472 à un particulier d’origine étrangère et 125 à un autre type d’acquéreur. Cette ventilation porte sur la nationalité de l’acheteur, pas sur son lieu de résidence : elle ne dit donc rien du nombre d’acheteurs non résidents, qui relève d’un tout autre régime juridique.

Quel budget prévoir : la distribution réelle des prix de vente #

Annoncer un prix d’entrée par nombre de pièces n’a pas de fondement statistique à Genève : l’OCSTAT publie la distribution des prix de vente, pas un barème par typologie. Voici ce que valent réellement les seuils, pour l’ensemble des appartements en PPE vendus sur le marché libre du canton en 2024.

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1er quartile
1 006 000 CHF
Un quart des appartements vendus sur le marché libre l’ont été à ce prix ou moins. En prix au m², le premier quartile s’établit à 9 145 francs.
Médiane
1 350 000 CHF
La moitié des 1 223 ventes du marché libre recensées en 2024 se sont conclues en dessous de ce montant, pour une médiane de 10 559 francs le m².
3e quartile
1 720 000 CHF
Au-delà, on entre dans le quart supérieur du marché. Le troisième quartile du prix au m² correspondant est de 12 540 francs.

Il existe un second marché, beaucoup moins cher, et il est encadré : celui des appartements en PPE situés en zone de développement, dits ZD PPE, dont le prix est contrôlé par l’État. En 2024, 134 de ces logements ont changé de main, à un prix médian de 906 000 francs, soit 7 041 francs le m². L’écart avec le marché libre n’est pas une aubaine : il est la contrepartie d’un régime de contrôle décrit plus bas.

Les règles genevoises qui conditionnent un achat #

C’est ici que la transposition de réflexes français coûte le plus cher. Le canton de Genève applique un droit qui n’a pas d’équivalent de l’autre côté de la frontière, et trois mécanismes déterminent à eux seuls ce qu’un acquéreur peut acheter, à quel prix il pourra revendre, et ce qu’il devra à l’État en sortant.

Lex Koller
La loi fédérale sur l’acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger, dite Lex Koller, et son ordonnance restreignent l’achat par les non-résidents. L’État de Genève range parmi les acquisitions impossibles les logements non subventionnés, les logements de vacances, les résidences secondaires — hors frontaliers UE ou AELE titulaires d’un permis G — et les immeubles mixtes purs. Sont possibles les surfaces commerciales et les résidences principales dont la parcelle n’excède pas 3 000 m². L’autorité compétente est le département des institutions et du numérique.
ZD PPE : dix ans de contrôle
Un logement en PPE acquis en zone de développement reste sous contrôle légal pendant dix ans. Pour le revendre durant cette période, le propriétaire doit faire fixer par l’office cantonal du logement et de la planification foncière un prix de revente maximum autorisé, calculé à partir du prix d’achat, des droits d’enregistrement et émoluments notariés, et des éventuels travaux à plus-value, le tout indexé à l’indice genevois des prix à la consommation.
LDTR
La loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation encadre la sortie d’un appartement du parc locatif. L’aliénation d’un appartement relève d’une requête en autorisation au titre de l’article 39 LDTR, instruite par la direction immobilière de l’office cantonal du logement et de la planification foncière, qui en publie le formulaire.

S’ajoute la fiscalité de sortie, qui est cantonale et fortement dégressive avec la durée de détention. L’impôt sur les bénéfices et gains immobiliers (IBGI) frappe la plus-value réalisée lors de toute vente d’un bien situé dans le canton, et la déclaration est obligatoire dans tous les cas, y compris lorsqu’aucun gain n’est dégagé.

Durée de possessionTaux appliqué au gain (opérations privées)
Moins de 2 ans50 %
Au moins 2 ans40 %
Au moins 4 ans30 %
Au moins 6 ans20 %
Au moins 8 ans15 %
Au moins 10 ans10 %
Au moins 25 ans2 % (depuis le 1er janvier 2025)
Barème de l’impôt cantonal sur les bénéfices et gains immobiliers, opérations relevant de la gestion du patrimoine privé. Source : République et canton de Genève.

Ce barème est un fait juridique, pas un conseil : il indique simplement que la durée de détention est, à Genève, une variable de premier ordre du coût total d’une opération. Le canton distingue par ailleurs les opérations privées, pour lesquelles l’IBGI est un impôt spécial définitif, et les opérations qualifiées de professionnelles, pour lesquelles il n’est qu’un impôt de passage régularisé ensuite au rôle ordinaire.

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Ce qui fait varier un prix, et ce qui ne se chiffre pas #

L’étage, l’exposition, la vue, la présence d’un ascenseur, d’un balcon ou d’une place de parc, l’état du bâti et la performance énergétique pèsent tous sur la valeur d’un appartement : c’est une évidence de marché, et un notaire comme un expert vous le confirmeront. Ce qui n’existe pas, en revanche, c’est un barème public genevois qui chiffrerait ces écarts.

Aucune statistique cantonale ne publie le supplément de prix attribuable à un balcon, à une double exposition ou à un label énergétique. Toute valeur de ce type que vous liriez ailleurs — « tant de pourcent pour un ascenseur », « tant pour une vue lac » — ne provient d’aucune source publique vérifiable. Ce que l’on peut dire honnêtement, c’est que la dispersion existe et qu’elle est mesurée : dans le secteur St-Gervais-Chantepoulet / Délices-Grottes / Pâquis-Navigation, le troisième quartile 2024 dépasse le premier de près de 7 000 francs le m², l’écart le plus large de la ville.

À retenir
1Médiane 2024 du prix au m², marché libre : 10 559 francs dans le canton, 12 796 francs en ville de Genève.
2Taux de vacance de 0,31 % au 1er juin 2026 : 793 logements disponibles dans tout le canton.
3Une personne à l’étranger ne peut pas acquérir un logement non subventionné à Genève.
4Un ZD PPE reste sous contrôle de prix pendant dix ans à la revente.
5Revente avant deux ans : la moitié du gain part en impôt cantonal.

Vérifier soi-même les données genevoises #

Tout ce qui précède est public, gratuit et téléchargeable. Un acquéreur qui veut contrôler un prix annoncé, une règle invoquée ou une tendance affirmée n’a besoin de personne pour le faire, et c’est la meilleure protection contre les chiffres approximatifs qui circulent sur ce marché.

Les sources primaires

Une précaution de lecture s’impose sur les séries de l’OCSTAT : les données trimestrielles de l’année en cours et de l’année précédente sont publiées comme provisoires, et les distributions de prix ne sont calculées que sur les objets clairement identifiés, parts de copropriété exclues. Une médiane portant sur dix-sept ventes annuelles, comme celle du secteur Cité – Centre, se commente avec prudence.

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Questions fréquentes sur le marché genevois #

Un non-résident peut-il acheter un appartement à Genève ?
Non, s’il s’agit d’un logement non subventionné. L’État de Genève classe explicitement parmi les acquisitions impossibles pour une personne à l’étranger les logements non subventionnés, les logements de vacances, les résidences secondaires et les immeubles mixtes purs. Font exception les résidences secondaires acquises par des frontaliers ressortissants de l’UE ou de l’AELE titulaires d’un permis G, dans la région de leur lieu de travail et sur une parcelle de 1 000 m² au plus.
Le diagnostic de performance énergétique français s’applique-t-il ?
Non. Genève n’est pas soumis au droit français : ni le DPE, ni la loi Carrez, ni la loi Hoguet, ni les quotas de logement social français n’y ont cours. Les obligations relatives aux bâtiments, aux rénovations et à l’aliénation de logements relèvent du droit fédéral suisse et de la législation cantonale genevoise, notamment la LDTR pour les démolitions, transformations et rénovations d’immeubles d’habitation.
Pourquoi les prix ZD PPE sont-ils si inférieurs au marché libre ?
Parce qu’ils sont administrés. Les logements en PPE situés en zone de développement sont vendus après délivrance d’un accord provisoire de vente par l’office cantonal du logement et de la planification foncière, et leur prix de revente reste plafonné pendant dix ans. En 2024, leur prix médian au m² s’établissait à 7 041 francs, contre 10 559 francs sur le marché libre.
Où trouver le prix d’une commune précise du canton ?
Dans le tableau T 05.05.1.4.03 de l’OCSTAT, qui donne la distribution du prix au m² des appartements en PPE vendus commune par commune et année par année depuis 1990. Le tableau T 05.05.1.4.04 fait le même travail pour les secteurs statistiques de la ville de Genève. Les deux sont téléchargeables librement au format tableur.
Les chiffres 2025 et 2026 sont-ils disponibles ?
Partiellement. Les volumes de transactions sont publiés trimestriellement et couvrent déjà le deuxième trimestre 2026, mais en données provisoires. Les distributions de prix au m², elles, s’arrêtent à l’année 2024 dans la mise à jour du 20 novembre 2025. Le taux de vacance, lui, est disponible jusqu’au relevé du 1er juin 2026.

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