C’est quoi l’état daté quand on vend un appartement, et qui le paie ?

L’état daté est le document financier que le syndic établit obligatoirement avant la vente d’un lot de copropriété : il détaille ce que le vendeur doit encore à la copropriété et ce que l’acheteur devra payer après la vente. Il est payé par le vendeur, et son prix est plafonné à 380 € TTC (décret n° 2020-153 du 21 février 2020).

Quand on vend son appartement sans agence, c’est l’un des rares documents qu’on ne peut pas produire soi-même : seul le syndic peut l’établir, et le notaire l’exigera avant la signature de l’acte authentique.

Ce que contient l’état daté #

Partie Contenu
1. Ce que le vendeur doit au syndicat Provisions exigibles, arriérés de charges, avances, emprunts éventuels
2. Ce que le syndicat doit au vendeur Avances remboursables, trop-perçus de charges
3. Ce que l’acheteur devra payer Provisions du budget en cours, appels de fonds travaux à venir, fonds de travaux

C’est grâce à ce document que le notaire répartit proprement les comptes entre vendeur et acheteur le jour de la signature, et que l’acheteur découvre noir sur blanc les appels de fonds qui l’attendent.

À lire Comprendre la copropriété avant d’acheter : syndic, charges, AG — le guide en 12 questions

Qui le paie, combien, et le plafond à connaître #

Les frais d’état daté sont à la charge du vendeur. Depuis le 1er juin 2020, le syndic ne peut pas facturer plus de 380 € TTC, quel que soit le nombre de lots vendus dans une même transaction (article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 et décret n° 2020-153). Ce plafond a encore été confirmé par le Conseil d’État dans une décision du 17 mars 2026, qui a rejeté la demande de réexamen portée par des professionnels. Si votre syndic facture au-delà, vous pouvez contester : courrier recommandé de mise en demeure, puis signalement (SignalConso) si besoin.

État daté ou pré-état daté : ne payez pas deux fois la même chose #

Le pré-état daté est un document d’information transmis à l’acheteur dès la promesse de vente (montant des charges, fonds de travaux, procédures en cours…). Contrairement à l’état daté, il n’est pas réservé au syndic : le vendeur peut le constituer lui-même gratuitement à partir de ses appels de charges, des procès-verbaux d’assemblée générale et de la fiche synthétique de la copropriété. Beaucoup de syndics le facturent pourtant 150 à 300 € : rien ne vous oblige à passer par eux pour cette étape. Au moindre doute sur les documents à fournir, votre notaire vous guidera — c’est lui qui pilote la vente.

Peut-on vendre sans état daté ?

Non en pratique : le notaire le demande systématiquement avant l’acte authentique, car il en a besoin pour arrêter les comptes entre les parties et purger les sommes dues au syndicat.

Que faire si le syndic tarde à délivrer l’état daté ?

Relance écrite puis mise en demeure en recommandé, en rappelant la date de signature prévue. Le notaire peut également appuyer la demande. Anticipez : demandez-le dès que la date de signature est calée.

À lire Travaux votés avant la vente : qui paie, le vendeur ou l’acheteur ?

Le pré-état daté est-il obligatoire et payant ?

L’information de l’acheteur dès la promesse est obligatoire (loi ALUR), mais aucun texte n’impose de passer par le syndic ni ne fixe de prix : vous pouvez rassembler vous-même les documents, gratuitement.

Et si la copropriété a un syndic bénévole ?

Mêmes règles : le syndic bénévole établit l’état daté (des modèles existent) et le plafond de 380 € TTC s’applique aussi, même si en pratique un bénévole facture rarement.

À lire aussi #

Sans Agence Immo est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

consultant SEO Bordeauxagence web 123web